* Bénéfice annuel en hausse de 1,3%, meilleur qu'attendu
* Ralentissement des ventes de B&Q et Screwfix au T4
* Marché "encourageant mais volatil" pour Castorama et Brico
Dépôt
* Le titre chute de plus de 7% à Londres
(Actualisé avec précisions, cours de Bourse)
par James Davey
LONDRES, 21 mars (Reuters) - Kingfisher KGF.L , le numéro
deux européen du bricolage, a publié mercredi un bénéfice annuel
légèrement meilleur qu'attendu mais a averti sur les conditions
d'activité "plus incertaines" au Royaume-Uni, faisant chuter son
cours de Bourse.
Le titre a perdu jusqu'à 8% en début de séance après
l'annonce par le groupe d'un ralentissement des ventes de ses
enseignes britanniques B&Q et Screwfix au quatrième trimestre,
clos fin janvier, de son exercice 2017-2018.
L'accélération de l'inflation au Royaume-Uni en conséquence
de l'appréciation de la livre après le vote du Brexit pèse sur
le pouvoir d'achat des consommateurs, et les distributeurs
traditionnels sont aussi confrontés à la concurrence du commerce
en ligne.
Les ventes à périmètre comparable de B&Q ont reculé de 5,1%
sur les trois mois au 31 janvier et celles de Screwfix ont
décéléré à +7,1% contre 10,2% au trimestre précédent.
Kingfisher a expliqué ce résultat par un fléchissement de la
demande pour les achats importants, comme les cuisines.
"La confiance n'est pas formidable actuellement", a concédé
la directrice générale Véronique Laury devant la presse.
"Il y a des incertitudes autour de l'économie britannique et
l'inflation supérieure aux hausses de salaires incite les
consommateurs à la prudence", a renchéri la directrice
financière Karen Witts.
CHIFFRE D'AFFAIRES EN HAUSSE DE 3,8%
Le titre Kingfisher, en hausse de 14% sur les six derniers
mois, chute de 7,31% à 313 pence vers 11h30 GMT à la Bourse de
Londres après un creux à 309p. Ce niveau confère au groupe,
également propriétaire des enseignes Castorama et Brico Dépôt en
France, une capitalisation boursière de 6,7 milliards de livres
(7,7 milliards d'euros).
Le distributeur de revêtements de sols Carpetright CPRC.L
et le groupe d'ameublement ScS ont aussi fait état de
performances mitigées mercredi et le principal concurrent
britannique de Kingfisher, Bunnings/Homebase, est en grande
difficulté.
"Nous pensons que le marché britannique du bricolage est en
phase de ralentissement", a déclaré Richard Chamberlain,
analyste chez RBC Europe.
Véronique Laury a précisé que le marché français était
"encourageant mais volatil", tandis que le marché polonais, où
Kingfisher est aussi présent, est mieux orienté.
Kingfisher a fait état d'un bénéfice imposable ajusté de
797 millions de livres pour l'exercice clos le 31 janvier, en
hausse de 1,3% et supérieur au consensus qui était à 783
millions de livres.
Le chiffre d'affaires a progressé de 3,8% à 11,7 milliards
de livres et le groupe a relevé son dividende de 4% à 10,8
pence.
Kingfisher vient de boucler la deuxième année de son plan de
redressement sur cinq ans censé lui permettre d'accroître son
bénéfice de 500 millions de livres par an à partir de 2021.
Le plan, d'un coût de 800 millions de livres sur cinq ans,
prévoit d'unifier les gammes de produits des différentes
enseignes, de développer les ventes en ligne et de dégager des
économies de fonctionnement.
Véronique Laury a fait état de "bons progrès" et s'est dit
confiante dans la réalisation du plan. Elle a ajouté qu'il était
trop tôt pour évaluer l'impact pour Kingfisher d'une éventuelle
sortie du marché de Bunnings/Homebase, qui est une filiale du
groupe Westfarmers.
Kingfisher est le deuxième groupe de bricolage en Europe
derrière le français Groupe Adeo, maison mère de Leroy Merlin.
(James Davey, Véronique Tison pour le service français)
Kingfisher prudent sur le marché britannique, le titre chute
information fournie par Reuters 21/03/2018 à 12:39
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